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L'Observatoire de Paris, 350 ans de science

« L'Observatoire de Paris, 350 ans de science » de Laurence Bobis et James Lequeux (Gallimard / Observatoire de Paris, 2012, 26 euros).

Visible depuis de nombreux points de vue, l’Observatoire de Meudon marque le paysage de GPSO. Il est aujourd’hui le plus grand pôle national de recherche en astronomie et en astrophysique. Cet ouvrage richement illustré relate une histoire de l’astronomie de la radioastronomie et de l’exploration spatiale en France, se déroulant sur près de trois siècles et demi dont plus de 140 ans à Meudon.

Observatoire  MeudonPlus ancien observatoire au monde qui ait fonctionné sans interruption depuis sa fondation (1667), l’Observatoire de Paris est toujours une référence. A l’approche de ses 350 ans d’existence, il publie en collaboration avec les éditions Gallimard cet ouvrage retraçant son histoire, depuis l’impulsion de l’académie royale des sciences pour sa fondation jusqu’à nos jours. Il est rédigé sous la conduite de James Lequeux et de Laurence Bobis, respectivement astronome et conservatrice et directrice de la bibliothèque et des collections.

L’histoire est relatée au fil de six chapitres consacrés à la création de l’observatoire royal (1667), l’observatoire des Cassini (1669-1795), l’observatoire du bureau des longitudes (1795-1926), les débuts de l’astronomie moderne (1926-1963), le développement dans l’adversité (1964 jusqu’à nos jours) et l’observatoire dans la société.

 

De Louis XIV à nos jours

C’est donc Louis XIV qui a fondé cette institution dans le dessein d’asseoir sa gloire et la réputation de la France par l’observation du ciel. Au cours des évolutions et adjonctions, l’Observatoire de Paris est aujourd’hui le plus grand centre de recherche en astronomie et astrophysique (avec le Center for Astrophysics américain). Il comporte 240 chercheurs permanents, 400 ingénieurs, techniciens et administratifs, sans oublier les 150 étudiants de doctorat y travaillant. Une partie de ces presque 350 ans d’histoire passe par le territoire de Meudon. C’est en effet en 1926 que l’observatoire d’astronomie physique de Meudon lui est adjoint. En 1954, c’est au tour du site de Nançay (Cher) avec la station de radioastronomie. Un court chapitre est logiquement consacré à l’Observatoire de Meudon. Le lecteur y apprend qu’à partir de 1832, plusieurs tentatives visent à déplacer l’observatoire ou à créer une succursale en banlieue en raison de l'extension de l'urbanisme et des gênes associées (fumées, trafic des voitures à cheval et des trains…). C’est l’astronome Jules Janssen (1824-1907) qui parvient à cette réalisation afin d’étudier l’astronomie physique. Il aménage son laboratoire dans les communs du château de Meudon et ses instruments d’observation solaire dans le parc en 1871. Par la suite, il dote le domaine d’une lunette double d’une longueur focale de 16 mètres et d’un télescope de type Newton très ouvert. En 1879, le château neuf de Meudon est affecté à Janssen. Afin de préserver cet édifice de la destruction et en y plaçant un instrument de recherche (la grande lunette), l’architecte, grand Prix de Rome, Constant Moyaux (1835-1911) le restaure en supprimant les deux ailes, tout en préservant les frontons sculptés de Jules Hardouin-Mansart. Aujourd’hui, ce dôme et le domaine national de Meudon continuent à marquer le paysage de GPSO puisque visibles de très loin, étant situés au point culminant de la commune. Il est aussi à noter que dans le parc, la statue de « Jules Janssen » (1920) rend hommage à l’astronome qui a permis à ce lieu de devenir ce qu’il est toujours.

L’Observatoire de Meudon dépend donc bien de celui de Paris. Outre par son traitement de cette relation meudonnaise avec l’histoire de l’astronomie française, ce livre est des plus intéressants. Il révèle notamment comment depuis la Seconde Guerre Mondiale, l’observatoire englobe progressivement la radioastronomie puis l’exploration spatiale à partir de ballons, de fusées et de satellites artificiels. Des techniques d’observation très avancées nées à l’Observatoire de Paris trouvent toujours des applications pratiques notamment au niveau international.

 

Une iconographie riche


Fort de 230 images en couleurs, ce livre est illustré de reproductions de gravures, de plans, de médailles, de sculptures et de tableaux. De nombreuses photographies en couleurs ou noir et blanc d’époque retracent l’histoire de l’institution, depuis la grande lunette de Meudon jusqu’aux images du soleil obtenue avec le spectrohéliographe de Meudon, en passant par le satellite Hipparcos ou une vue de la planète Saturne corrigée à l’aide de l’optique adaptative. En outre, des encadrés permettent de parfaire ses connaissances scientifiques sur, par exemple, les latitudes, longitudes, longueur du méridien… Cette histoire est aussi celle d’hommes de talent, à l’instar des quatre générations de Cassini (1669-1795), François Arago (1786-1853) ou Urbain Le Verrier (1811-1877). Parmi les éléments traités figurent des précisions sur la forme de la terre, la célèbre carte des Cassini (1756), l’invention de l’horloge parlante, la recherche astronomique... C’est donc une véritable aventure scientifique qui est relatée entre la terre et le ciel, entre le télescope et l’espace, entre le défini et l’infini. L’Observatoire de Paris est bien un établissement scientifique considéré comme le « fer de lance de l’astronomie française ».

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